Partage de textes

Dans le Temple de Jérusalem, guérissant aveugles et boiteux, Jésus ouvre le chemin à une autre forme de culte au sein duquel les petits sont rois, dans le lieu où l’on célébrait la royauté de Dieu. Les temps nouveaux sont ouverts et le temple est désormais dépassé, car il y a ici même, en Jésus, « plus grand que le temple » (Mt 12,6) et « c’est la miséricorde que le Seigneur veut et non les sacrifices » (12,7)

Puis, en un seul verset, Matthieu conclut le récit de façon assez laconique : Jésus sort de la ville.

Il est intéressant nous reporter à deux références :

1 Rois 8 : Dieu peut-il être enfermé dans un temple ?

Le roi Salomon veut construire une maison au Seigneur mais la question demeure : Est-ce que, vraiment, Dieu habiterait sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins cette Maison que j’ai bâtie !

Il lui demande d’y être présent au moins pour écouter son peuple : Écoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël, lorsqu’ils prieront en ce lieu. Toi, dans les cieux où tu habites, écoute et pardonne.

Ezéchiel 11 : Dieu quitte le temple.

Le prophète, en Exil, voit la « gloire de Dieu », sa présence, quitter le temple pour rejoindre son peuple : Les Kéroubim levèrent leurs ailes, les roues auprès d’eux ; la gloire du Dieu d’Israël était au-dessus d’eux. La gloire du Seigneur s’éleva du milieu de la ville et s’arrêta sur la montagne qui est à l’est de la ville.

Si la fille de Sion refuse à son roi l’accueil attendu d’elle, il ira son chemin, ailleurs, vers la Galilée des nations. C’est là, ce lieu méprisé, cette anti-figure de Jérusalem, que sera porté le message du Christ ressuscité (Matthieu 28,7) : « Il n’est pas ici, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. »

« Ce texte des Rameaux renferme un enjeu de poids : Jésus quitte le temple, mais, avec lui, c’est Dieu lui-même qui le quitte. » (E. Schweizer) Dieu n’habite plus un lieu, il réside dans la Galilée de nos histoires humaines.

Dans l’évangile de Jean, Jésus dit qu’on peut même détruire ce temple et qu’il le reconstruira en trois jours. L’évangéliste conclut en disant qu’il parlait de son corps… Dieu habite nos vies !

Luc élargira ainsi l’espace de la tente de la présence divine (17,24) : « Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme »

Et Paul aux Corinthiens (I Co 6,19) osera une théologie du corps de l’homme, lieu de la Présence : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? »

Rien ne peut « enfermer » le Seigneur. Le vent souffle où il veut, la Parole est adressée à toutes les oreilles, son Amour suscite tous nos amours.

« C’est pour cela que je suis sorti » disait Jésus lorsqu’il parcourait les villes et villages de Galilée.

SORTONS !